Conférences
Un nouveau PEC avec des domaines d’enseignement transversaux : des impacts pour la formation des enseignant·e·s du secondaire 2 ?
Responsable de la filière S2 à la HEP Vaud
Coresponsable du projet « Évolution de la maturité gymnasiale » pour la CDIP
Le nouveau plan d’études cadre (PEC) adopté par la CDIP en juin 2024 comporte un certain nombre de nouveautés importantes par rapport à la version de 1994, et notamment l’introduction d’un chapitre 2 consacré aux « domaines d’enseignement transversaux ».
Ce chapitre constitue une évolution importante de l’architecture curriculaire de la formation gymnasiale : aux disciplines, qui constituent la structure primaire de l’enseignement, s’ajoute une structure curriculaire secondaire destinée à favoriser la mise en relation, le transfert et la mobilisation des savoirs et des compétences au-delà des frontières disciplinaires.
Les sept domaines réunis dans ce chapitre ne sont toutefois pas de même nature. Certains relèvent principalement des compétences à développer, d’autres de savoirs et savoir-faire de base, d’un principe didactique, d’une perspective à intégrer dans l’enseignement, d’une modalité de mise en relation des disciplines ou encore de thématiques et de finalités éducatives transversales. L’objectif du présent exposé est de clarifier ces différentes fonctions et de montrer comment elles s’articulent avec les disciplines « classiques » de la formation gymnasiale (qui font l’objet du chapitre 3).
Il s’agit ainsi de comprendre le chapitre 2 non pas comme l’ajout de nouveaux contenus venant s’ajouter aux disciplines, ni comme une invitation à réduire la place des savoirs disciplinaires, mais comme une seconde dimension du curriculum gymnasial. Les domaines d’enseignement transversaux doivent permettre aux élèves de mobiliser des connaissances et des compétences acquises dans les disciplines, d’établir des liens entre elles, de les transférer à d’autres contextes et d’aborder des tâches ou des problématiques complexes qui ne peuvent être appréhendées de manière strictement monodisciplinaire.
L’enjeu est donc moins d’« ajouter du transversal » que de mieux articuler le disciplinaire et le transversal. Le chapitre 2 conduit à renforcer les liens entre les disciplines, à expliciter les possibilités de transfert et à développer des compétences permettant de traiter des situations complexes, sans pour autant diminuer les exigences disciplinaires définies dans les différents plans d’études cadre du chapitre 3. Au contraire, la maîtrise des savoirs et des méthodes disciplinaires constitue la condition même d’un travail transversal et interdisciplinaire pertinent.
Compétences, compétences transversales à développer au gymnase : défis et leviers pour la formation des enseignant·e·s ?
Maîtresse de conférences en sciences de l'éducation et de la formation, INSPÉ de l'Académie de Strasbourg
Les programmes de formation sont de plus en plus souvent pensés et élaborés à partir des compétences visées pour les apprenant·e·s, et non plus uniquement des contenus d'enseignement. Cette transformation implique un changement de culture et d'approche de la formation par les équipes pédagogiques, au niveau collectif comme individuel.
Qu'est-ce que l'approche par les compétences dans la formation ? Quels sont ses atouts et ses limites pour l'apprenant·e et l'enseignant·e, la formatrice ou le formateur ? Comment la mettre en place de manière raisonnée ? Quelle place pour les compétences transversales dans cette approche ?
Cette intervention aborde les définitions et les enjeux de l'approche par les compétences en formation, en incluant la question complexe des compétences transversales. Elle propose également des méthodes de mise en œuvre de pédagogies favorisant le développement des compétences, depuis la définition des programmes jusqu'à l'élaboration des modalités d'évaluation.